La Bataille de Verdun (21 février 1916 - 19 décembre 1916)

24 décembre 1916, Trêve de Noël
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La Lorraine porte les stigmates de plusieurs guerres comme des cicatrices… Autant d'occasions de réfléchir à la question de la paix, à notre histoire, à l'importance du devoir de mémoire. Verdun : un nom pour toujours rattaché à la Première Guerre Mondiale. En 300 jours de combats, 300 000 hommes (163 000 français et 143 000 allemands) y ont perdu la vie, tandis que 500 000 autres ont été blessés. Un épisode qui a valu à Verdun d'être rebaptisée « capitale mondiale de la Paix »…

Depuis la fin de l'année 1914, Français et Allemands campent sur leurs positions. Le conflit qui devait être court s'est enlisé. Les batailles d'Ypres, d'Artois et de Champagne n'y ont rien changé. En 1916, l'armée allemande décide de concentrer ses efforts sur Verdun pour porter un coup décisif. Plusieurs raisons les confortent dans ce choix : la zone de Verdun est une hernie dans la ligne de front, et 10 km la sépare des armées allemandes les plus proches. Le site est relativement mal défendu par les Français qui ne s'attendent pas à être attaqués là. Pour les Allemands, la prise de Verdun ouvrirait une brèche vers Paris. De plus, la frontière avec l'Allemagne n'est qu'à 50 km, ce qui leur permet d'acheminer rapidement hommes et matériel. A la veille de l'attaque, les Allemands massent 150 000 hommes et 1200 pièces d'artillerie. Face à eux, 30 000 Français sont armés en tout et pour tout de 250 canons. Les intentions du Général Von Falkenhayn sont claires : si cette bataille ne s'avère pas décisive, elle doit au moins « saigner l'armée française ». Mais à l'issue de ces combats où l'artillerie va jouer le premier rôle (60 millions d'obus tirés), les « Poilus » vont miraculeusement contenir puis repousser leurs ennemis.

21 février : L'attaque allemande a été retardée de quelques jours par la météo. Ce matin, là, le temps est au beau. A 7h15 du matin, les Allemands appliquent la stratégie du « Trommelfeuer » : en deux jours, 2 millions d'obus sont tirés, soit un toutes les 3 secondes. Puis, l'infanterie passe à l'assaut armée de lance-flammes, mais tombe sur des poches de résistance française, comme au Bois des Caures.

Du 22 au 25 février : L'infanterie allemande poursuit son avancée jusqu'au fort de Douaumont qui est pris sans combat. Les troupes françaises se sont repliées et les Allemands marquent une pause. Ils n'ont avancé que de 5 kilomètres, ce qui est peu au vu des moyens déployés. Au soir du 25 février, le général Philippe Pétain se voit confier le commandement de la IIème armée, chargée de la défense de Verdun. Il fait intensifier le trafic sur cette route qu'on va nommer la Voie Sacrée, réorganise l'artillerie, charge l'aviation de nettoyer le ciel et de l'informer des positions ennemies. Les troupes retrouvent le moral et de cette époque date le mythe du « vainqueur de Verdun ». Pétain va aussi obtenir de ses supérieurs une importante rotation des soldats pour avoir constamment des hommes frais. Ainsi, 70% des effectifs français vont connaître l'enfer de Verdun, ce qui va ajouter à la dimension symbolique de cette bataille.

Du 5 au 15 mars : Les Allemands reprennent l'offensive et s'emparent du village de Douaumont. Ils tâchent d'atteindre le village de Fleury-sous-Douaumont, et attaquent simultanément sur la rive gauche de la Meuse, au « Mort-Homme » et sur la « Côte 304 ». Ces deux sites seront le théâtre de combats meurtriers, pris par les uns, repris par les autres durant tout le printemps. De la même manière, le village de Fleury-sous-Douaumont sera perdu et repris 16 fois entre mars et novembre.

Avril : 500 000 soldats français combattent à Verdun. Cette concentration d'hommes sur une si petite superficie explique aussi le nombre de victimes. Les Allemands cumulent 2200 pièces d'artillerie contre 1800 pour les Français. Les belligérants ne lésinent pas sur les moyens : ils sont condamnés à investir de plus en plus de forces dans cette bataille qui a déjà trop coûté, ce qui explique ces chiffres vertigineux. C'est à ce moment que Pétain lance son fameux « Courage, on les aura ».

Le 1er mai : L'avancée allemande est stoppée et le Maréchal Joffre remplace Pétain par le général Nivelle qu'il juge plus offensif.

Du 1er au 7 juin : Prise du Fort de Vaux par les Allemands et reddition du Commandant Raynal.

Le 1er juillet : Appuyé par les armées britanniques, Joffre lance une offensive sur la Somme. Celle-ci va obliger l'Etat-major allemand à retirer des troupes du front de Verdun.

12 juillet : A 3 km de Verdun, le fort de Souville résiste aux attaques allemandes qui n'iront pas plus loin.

18 août : Les Français s'emparent des derniers retranchements du village de Fleury. Ce village, comme huit autres, est aujourd'hui considéré comme « morts pour la France ».

13 septembre : Le Président de la République, Raymond Poincaré, remet la Légion d'Honneur à la ville de Verdun.

Du 23 octobre au 2 novembre : Les Français reprennent les forts de Douaumont et Vaux. Il faudra attendre l'été 1917 pour retrouver les positions abandonnées au début de la bataille. Les Allemands ne quitteront vraiment le secteur de Verdun qu'après les offensives américaines de septembre - octobre 1918, conduites par le général Pershing, en Argonne et à Saint-Mihiel.
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