Mario Luraschi

Mario Luraschi а l'entrainement

la reconstitution de la scène des chars de Ben Hur au Puy du Fou sous la direction de Mario Luraschi, le spécialiste des cascades équestres.

Mario Luraschi à l'entraînement. Le célèbre cascadeur équestre, qui compte plus de 400 films ou spectacles à son palmarès, a entraîné quarante-cinq chevaux et sept chars pendant neuf mois pour pouvoir aligner six quadriges, dans une course qui dure quinze minutes. Le char de Messala est bourré d'effets spéciaux conçus par Georges Demetrau. Le cascadeur manie des rênes spéciales, porte un harnais de protection et, sous son casque, une visière transparente pour protéger les yeux des projections de sable. Sans ces précautions, à 45 km/h une chute serait mortelle (photo Stéphane Kempinaire - agence Abaca)

http://www.peplums.info/pep49.htm

Lors du Salon du Cheval de Paris le 9, 10 et 11 décembre 2011, Mario Luraschi nous reçoit dans sa ferme de l'Oise. Il nous présente ses 40 chevaux, tous dressés pour les plateaux du 7ème art, car Mario Luraschi est cascadeur et dresseur de chevaux de cinéma depuis plus de 40 ans. Il a, à son actif, plus de 400 films et de nombreux spectacles. Après Excalibur au stade de France, en septembre dernier, il revient avec un show qui rend hommage à son intrépide écurie. Chevaux en feu, reconstitution des cascades les plus périlleuses, le programme de ces 3 soirées exceptionnelles promet d'être plein de fougue.

Avec son stadium gallo-romain, le Puy-du-Fou frappe une nouvelle fois très fort et n'en finit pas de prolonger son voyage dans le temps. Après le village du XVIIIe siècle recréé en 1989, la cité médiévale sortie de terre en 1995 et le fort de l'an Mil ouvert en 1997, voici venu le temps des Romains.

la reconstitution de la scéne des chars de Ben Hur au Puy du Fou sous la direction de Mario Luraschi, le spécialiste des cascades équestres.

Authentique réplique du Colisée de Rome, elle peut accueillir jusqu'à six mille spectateurs. Et c'est sur une piste longue de 115 m que le spectacle s'ouvre sur une représentation haute en couleur de la victoire romaine, préambule à une série de trois tableaux entraînant le public dans la fièvre des jeux antiques. Les temps forts du spectacle renvoient très précisément à trois scènes mythiques du cinéma hollywoodien : le combat des gladiateurs de Spartacus, la course de chars de Ben Hur et le face à face avec les fauves de Quo Vadis. “À une différence près, et de taille, c'est qu'ici on ne peut pas tricher au montage, nous explique Mario Luraschi. Et les reconstitutions sont jouées en direct et sans filet.” “Le quadrige est à l'attelage ce que la Formule 1 est à l'automobile. C'est pourquoi j'ai choisi des chevaux très près du sang”, commente Mario. Ce qui explique aussi les trente semaines de stage nécessaires à la formation des auriges et au dressage des chevauxDans un quadrige, les deux timoniers (chevaux du centre) doivent être calmes, robustes, obéissants et francs. Les galériens, quant à eux, sont choisis pour leurs qualités esthétiques, ils sont aussi plus légers et ne doivent pas aimer venir au contact. “Nous les avons travaillés en attelage à quatre durant une vingtaine de semaines avant de les placer en quadrige il y a un mois”, ajoute le responsable.

La course de chars est une chorégraphie réglée avec minutie de manière à garantir la sécurité des chevaux et des auriges. Durant les huit minutes de la course, un des chars perd donc une roue, un autre son timon et se brise en passant sur un tremplin. Ces périlleuses cascades ne donnent pas droit à l'erreur : “Le char qui effectue une cascade doit toujours être placé derrière les autres pour éviter tout accident, explique Mario. Dans les virages à 180°, les chars s'inclinent à plus de 30° : la moindre faute se traduit par une sortie de route ! Il faut donc être très vigilant.” La rigueur est d'ailleurs une notion qui revient très souvent dans le discours des sept meneurs ; et elle est, bien sûr, le secret de leur réussite.

Avant d'entrer dans l'arène, la tension monte ; tous avouent que les sept tours d'arène au grand galop requièrent une énorme concentration et beaucoup d'énergie. Ils en sortent bien souvent épuisés, mais heureux. La course de chars est le moment fort du spectacle “Les Gladiateurs”. Si la beauté des quadriges lancés à grande vitesse y est pour beaucoup, la qualité des ambiances sonores est d'une efficacité remarquable et joue un rôle important dans la réussite de ce spectacle. Clameurs, hourras, cris, applaudissements transportent les spectateurs au cœur de l'action. Le Grand Parc du Puy-du-Fou est à la pointe d'une technologie sonore d'avant-garde : l'octophonie.

Ajoutons qu'outre Mario Luraschi un autre grand professionnel n'a pas résisté à la proposition des Puyfolais, Thierry Leportier. Il est l'un des meilleurs dresseurs d'animaux au monde et tous les cinéastes se l'arrachent. Thierry a décidé de déserter les plateaux de cinéma pendant quatre mois pour se consacrer exclusivement au spectacle du stadium gallo-romain. Sa scène de huit minutes intervient après la course de chars : Imaginez six lions, un tigre et une hyène : frissons garantis !

d'après un reportage de Florence Clot, paru dans le n°110 de Cheval Loisirs